TOUR
DISCOGRAPHY


ALBUM : Juveniles
10.06.2013




SINGLE : Fantasy
22.04.2013




SINGLE : Strangers
18.03.2013




EP : Juveniles / Through The Night
11.06.2012




SINGLE : Ambitions
27.02.2012




SINGLE : We Are Young
24.10.2011




REMIXES

VIDEOS













BIO

De Rennes, le duo français cultive son idéalisme pop avec un premier album produit par le maître Yuksek, bâti pour soigner les âmes en peine et accompagner les nuits blanches.


"Qui veut retrouver sa jeunesse, n'a qu'à reprendre ses folies" écrivait Oscar Wilde dans Le portrait de Dorian Gray. Juveniles n'a ni perdu la première, ni jamais arrêté les secondes. Et si l'on entend toujours qu'il faut que jeunesse se passe, les deux Français, eux, ne voient certainement pas la chose du même œil : depuis leurs débuts sur le label parisien défricheur Kitsuné jusqu'à l'arrivée de leur premier album cette année, Jean-Sylvain Le Gouic et Thibaut Doray ont dressé leur jeunesse en bouclier contre l'ennui, et leur refrains flambeurs en rempart contre les attaques d'un passage forcé à l'âge adulte, redoutable, redouté.


We Are Young proclamaient-ils nonchalamment sur leur premier single sorti en 2011. Les trois mots, comme le nom du groupe, n'avaient rien d'anodin : plus qu'une simple formule qui claque, le titre s'imposait comme un mantra, une déclaration de guerre effrontée d'un duo prêt à prendre les armes pour défendre son dernier bastion d'adolescence. Mais à quoi bon dégainer gros flingues et couteaux aiguisés quand on possède d'office un argument bien plus subtil et tranchant ? Une pop utopique et charnelle qui se rêve éternelle et joue sans cesse avec le feu. De la bouillonnante Rennes, QG des deux garçons, We Are Young traverse la France jusqu'à en franchir les frontières pour rythmer les nuits blanches d'une jeunesse apatride qui se fiche pas mal du principe de nationalité et refuse de s'endormir sagement par peur de ne jamais se réveiller. Chez Juveniles, on a pris électro-pop fatale en première langue, option eighties appliquées – inutile de préciser que le diplôme se décroche haut la main avec mention très bien.


S'il a le regard tourné vers la Manchester des Smiths et de New Order, c'est bien sur le sol français que le duo lance pourtant ses premiers assauts live. Un passage explosif aux Transmusicales de Rennes allume la mèche. Le festival des Inrockuptibles 2012, qui lui consacre sa une la même année, attise les braises. Juveniles s'y montre sauvage, d'une efficacité bluffante, mais aussi bien entouré des Anglais d'Hot Chip avec lesquels ils partagent un don pour agiter hanches et mollets sans répit. Car c'est bien là la force du groupe : une maîtrise du live qui leur permet toutes les extravagances, une intensité imparable et une énergie toute entière déployée pour agripper le public, ne plus jamais le lâcher jusqu'à le laisser hagard, cerveau en fusion et jambes épuisées. De fougueux feu-follet, le duo rejoint alors le brasier d'une pop qui n'a qu'une idée en tête : faire monter le feu aux joues de jeunes gens aux idéaux purs et à l'insouciante insolence.


Et qui mieux que Yuksek les deux Bretons pouvaient-ils aller chercher pour les épauler dans leur entreprise de conquête des dancefloors et des cœurs brisés ? Avec son deuxième album Living on the Edge of Time, celui que l'on connaissait virtuose en électro implacable a montré qu'il maîtrisait aussi le langage pop sur le bout des doigts – une veine pour le duo, lui-même bilingue, qui s'est empressé de filer au studio du Rémois pour enregistrer une partie de son premier album. "On avait eu l'occasion de rencontrer Yuksek avant et le courant est très bien passé. Je crois qu'on a un tempérament assez similaire et ça nous a beaucoup aidé à passer ces mois enfermés ensemble. On a énormément appris à ses côtés, à faire plus avec moins d'éléments, à ne pas tomber dans les mêmes travers à chaque morceau" explique Jean-Sylvain dont la voix de dandy crooner sait se faire aussi élégante qu'éthérée tout au long de Juveniles.


Faire plus sans en faire trop : c'est ce qu'a réussi à accomplir le duo sur cet album où l'on retrouve à la fois l'idéalisme pop des débuts du groupe, son penchant pour les synthés eighties et les beats fatals que ne renierait pas leur futé producteur. Plus qu'une collection de bombes pop pour dynamiter les clubs (Void), Juveniles réunit surtout en douze titres tous les états d'une jeunesse qui peut passer, en une fraction de seconde, de la béatitude totale (We Are Young) au plus profond des spleens (Washed Away). Mais plutôt que de se noyer dans la mélancolie, les deux garçons préfèrent l'apprivoiser en la faisant danser (All I Ever Wanted) et contrer la tristesse par la sensualité (Elisa, Adriatique), se permettant au passage toutes les excentricités comme sur la très disco Fantasy. On aperçoit l'ombre des Smiths planer sur Weekend At Mine, celle de Blood Orange sur Summer Night, et celle de Phoenix sur l'hymne Strangers qui prouve que Juveniles est peut-être né du mauvais côté de la Manche, ils n'en restent pas moins membre à part entière d'une fratrie de musiciens français qui parlent pop couramment et sans le moindre accent.


Ondine Benetier


PHOTOS
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Yann Morrison - 1


Yann Morrison - 2


Yann Morrison - 3


Ousseynou Cissé - 1


Ousseynou Cissé - 2


Richard Dumas - 1


Richard Dumas - 2


Richard Dumas - 3


Richard Dumas - 4